
Par saint Jean Maximovitch
« Et le plus jeune d’entre eux dit à son père : “Père, donne-moi la part de biens qui me revient” » (Lc 15, 11-32).
La parabole de l’enfant prodigue est une leçon des plus instructives pour la jeunesse. Nous voyons en lui le vrai caractère de la jeunesse légère d’esprit : inconsidérée, étourdie, assoiffée d’indépendance ; En un mot, tout ce qui caractérise souvent la majorité des adolescents.
Le fils cadet avait grandi dans la maison de ses parents. En arrivant à l’adolescence, il commença déjà à s’imaginer que la vie au foyer était trop restrictive. Il lui semblait désagréable de vivre sous l’autorité de son père et sous le regard vigilant de sa mère.
Il voulait imiter ses camarades qui s’étaient livrés aux plaisirs du monde. « Je suis l’héritier d’un riche patrimoine. Ne serait-il pas préférable, se disait-il, que je reçoive dès maintenant mon héritage ? Je pourrais ainsi gérer ma fortune autrement que mon père. »
Ainsi le jeune homme se laissa emporter par le brillant trompeur des plaisirs du monde et résolut de rejeter le joug de l’obéissance et de quitter la maison de ses parents. Beaucoup ne sont-ils pas inspirés aujourd’hui par des élans semblables, et, même s’ils ne quittent pas la maison de leurs parents, ne s’éloignent-ils pas de la maison de leur Père céleste, c’est-à-dire de l’obéissance à la sainte Église ?
Le joug du Christ semble pesant aux esprits immatures, et ses commandements leur paraissent accablants. Ils pensent qu’il n’est pas vraiment nécessaire d’observer ce que Dieu et sa sainte Église nous commandent. Il leur semble possible de servir Dieu et le monde en même temps.
Ils disent : « Nous sommes déjà assez forts pour résister aux tentations et aux séductions destructrices. Nous pouvons tenir fermement la vérité et les saines doctrines par nous-mêmes. Permettez-nous de perfectionner notre esprit par l’acquisition de toutes sortes de connaissances. Laissons-nous fortifier notre volonté nous-mêmes au milieu des tentations et des séductions. Par l’expérience, nos sens se convaincront de la laideur du vice ! » De tels désirs valent-ils mieux que la demande inconsidérée du fils cadet à son père : « Père, donne-moi la part de biens qui me revient » ?
Ainsi, un jeune homme frivole cesse d’écouter les commandements et les avertissements de la sainte Église. Il cesse d’étudier la parole de Dieu et les enseignements des saints Pères, et écoute attentivement les sophismes de ceux qu’on appelle faussement des enseignants ; et dans ces occupations, il tue les meilleures heures de sa vie. Il va moins souvent à l’église, ou s’y tient distrait et inattentif. Il ne trouve pas le temps de se consacrer à la piété et de s’exercer aux vertus, parce qu’il passe trop de temps aux spectacles, aux divertissements publics, etc. En un mot, chaque jour il se livre davantage au monde, et finalement il s’éloigne « vers un pays lointain ».
Quel est le résultat d’un tel éloignement de la sainte Église ? C’est le même que celui du départ de l’enfant prodigue de la maison de ses parents. Les jeunes frivoles gaspillent très rapidement leurs excellentes forces et leurs talents d’âme et de corps, ruinant pour le temps et pour l’éternité tout le bien qu’ils ont fait. Pendant ce temps, apparaît « une grande famine dans ce pays » : le vide et l’insatisfaction — le résultat inévitable des plaisirs débridés.
Une soif de jouissances apparaît, qui s’intensifie à mesure qu’on satisfait les passions déréglées, et qui finit par devenir insatiable. Il arrive souvent que l’infortuné amateur du monde, pour contenter ses passions, ait recours à des occupations viles et honteuses, qui ne le ramènent pas à lui-même comme l’enfant prodigue et ne le reconduisent pas sur le chemin du salut, mais achèvent sa ruine, tant temporelle qu’éternelle !
Traduction de l’article Orthodox Youth Resource