Saint Cyrille de Jérusalem – Catéchèse sur les mots du Credo : « Le Fils unique de Dieu, engendré du Père, vrai Dieu avant tous les siècles, par qui toutes choses ont été faites »

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Père Angelo Artemas – Comprendre le chiffre 666

© Крымская митрополия

Le 6 juin 2006 (6-6-6) est passé, et certaines personnes se demandent encore si la Bête, dont le nombre est 666 dans le Livre de l’Apocalypse, est née. Le remake du film « L’Ombre du mal » a relancé une nouvelle vague de spéculations sur l’identité de la Bête ou de l’Antéchrist. Parmi les prétendues « Bêtes » du passé, on a cité Napoléon, Hitler, Gorbatchev, Barney le dinosaure et Tinky Winky des Teletubbies.

Le Livre de l’Apocalypse a été mal traduit, mal utilisé et mal interprété depuis le IIe siècle. Il a été écrit par Jean, le disciple bien-aimé et théologien, sur l’île de Patmos à la fin du Ier siècle (vers 90 apr. J.-C.), en réponse aux troubles, à la douleur et à la souffrance vécus par les premiers chrétiens. Des milliers de chrétiens étaient martyrisés pour leur foi, et beaucoup subissaient les conséquences d’une forte mortalité infantile et d’une faible espérance de vie.

Les empereurs romains des trois premiers siècles furent responsables de la mort de millions de personnes. Les « Bêtes » mentionnées dans le Livre de l’Apocalypse désignent spécifiquement Néron (54-68 apr. J.-C.), Vespasien (69-79 apr. J.-C.) et Domitien (80-96 apr. J.-C.). Le nombre 666 est une référence codée à l’empereur Néron.

Dans la symbolique biblique des nombres, le 6 représente le mal, le 7 la perfection (comme les sept jours de la semaine), et le 8 la sainteté (le dimanche étant à la fois le premier et le huitième jour, « le jour du Seigneur »). La répétition triple d’un chiffre exprime son caractère éternel ou infini ; ainsi, Néron est décrit comme éternellement mauvais, tandis que le Christ est éternellement saint. Ces nombres et symboles ne sont pas des codes secrets pour identifier les dirigeants, crises économiques ou catastrophes écologiques d’aujourd’hui ; ils renvoient directement au contexte du Ier siècle. Toute tentative d’y voir une correspondance directe avec notre époque est donc une mauvaise lecture du texte.

Cependant, l’Apocalypse conserve toute sa pertinence pour les fidèles du XXIᵉ siècle. Le mal, la persécution, les guerres, la haine, les catastrophes naturelles, les maladies et les injustices n’ont pas disparu. Ce livre nous encourage à persévérer dans la foi, à rester fidèles à Jésus-Christ jusqu’à la mort, et à Lui rendre un culte véritable, tout en faisant le bien et en travaillant à un monde meilleur jusqu’à notre dernier souffle.

D’une certaine manière très concrète, chaque fois qu’une personne cède à la tentation et commet un péché, « la bête » renaît. Le mal n’est pas limité à un jour, une date ou une époque précise. Le diable est bien vivant et omniprésent : dans les magazines, les livres, les films, les théâtres, les émissions télévisées et radio, les écoles, les centres commerciaux, les concerts, les matchs de football, sur Internet (où il fait des heures supplémentaires), et même parfois dans certaines églises ou festivals.

Mais le diable n’est pas à craindre, car Jésus-Christ a vaincu le mal. Le mal n’a de pouvoir que celui que les hommes lui accordent. Chaque fois qu’une personne fait le bien, prie, lit les Écritures, participe aux Sacrements, se sacrifie par amour, console, nourrit, soigne et aime, le mal perd toute force, et Jésus-Christ revient dans le monde.

Le message le plus profond de l’Apocalypse est que la fin du monde n’est pas un événement historique, mais une personne : Jésus-Christ. Tant que le Christ est accueilli, suivi, aimé, cru et reçu en communion, sa seconde venue se réalise.

Depuis deux mille ans, les fidèles orthodoxes croient que la seconde venue du Christ a lieu à chaque Divine Liturgie, en tout lieu et en tout temps. L’Apocalypse ne peut être comprise correctement qu’à la lumière de la Sainte Eucharistie. Chaque fois que les fidèles reçoivent le Corps et le Sang du Seigneur, ils accueillent Celui qui était, qui est et qui vient.

Ainsi, lorsque l’Esprit Saint guide les croyants vers la justice, et qu’ils participent sincèrement à la Sainte Communion le premier et le huitième jour de la semaine, ils expérimentent déjà la seconde venue de Jésus-Christ et participent à la vie éternelle.

Traduction de l’article : Goarch