
Le diocèse de Dabar et de Bosnie de l’Église orthodoxe serbe a récemment partagé l’histoire émouvante d’un monastère qui renaît de ses ruines après des siècles d’abandon.
« Le cas du monastère d’Udrim, situé à Gostović près de Zavidovići, laisse chaque visiteur sans voix, » écrit le diocèse. « Et plus encore ceux qui s’y rendent avec foi et amour. Non pas en raison d’une particularité extraordinaire, mais parce que ce lieu sacré semble renaître miraculeusement, non seulement de ses fondations enfouies, mais aussi de son passé lointain et encore méconnu. »
Longtemps en ruines, le monastère semblait condamné à l’oubli. « Qui aurait pu imaginer, il y a seulement dix ans, que ces vestiges refleuriraient ? Certainement personne. » Et pourtant, contre toute attente, il se relève aujourd’hui.
Le dimanche 2 février, Son Éminence le Métropolite Chrysostome de Dabar et de Bosnie s’est rendu sur place pour constater l’avancement des travaux et planifier les prochaines étapes. Parmi les priorités pour cette année figurent la mise en place de la toiture de l’église et l’édification du dôme central. Le Métropolite a également donné des instructions pour aménager l’ensemble du site, afin de lui redonner la dignité qu’exige un lieu de prière et de recueillement.
Cette résurrection du monastère d’Udrim témoigne de la persévérance et de la foi inébranlable de ceux qui œuvrent à préserver le patrimoine spirituel orthodoxe.

Le diocèse rapporte davantage sur la destruction et la renaissance du monastère :
« L’église du monastère n’était pas seulement une ruine parmi tant d’autres que l’on trouve encore aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine. C’était une ruine de profanation, de moquerie, de crachats et de rejet. Nous le savons aujourd’hui grâce aux témoignages vivants de personnes encore en vie…
Aujourd’hui, nous en savons plus qu’hier. Chaque jour, de nouvelles découvertes émergent du passé tragique et occulté du monastère. Nous avons ainsi appris qu’une famille s’était approprié illégalement les terres du monastère et les avait vendues à un musulman de Livno. Les circonstances exactes de cet acte restent floues, mais le malheur qu’il a apporté à ce lieu saint est bien connu. Il n’a été ni le premier ni le dernier. Nombreux sont ceux qui, à l’époque du communisme et de l’athéisme, ont saisi l’occasion pour s’approprier non seulement les biens ecclésiastiques, mais aussi ceux de leurs voisins, proches ou lointains.
Mais qui peut se mesurer à Dieu ? Lui n’oublie ni n’abandonne Ses lieux saints, sanctifiés par la prière de Ses fidèles serviteurs. Ce qui est saint le demeure à jamais. Nous n’avons ni le droit de l’oublier ni celui de l’abandonner. C’est un devoir sacré pour tout chrétien, où qu’il se trouve. Qu’il soit proche ou lointain, chacun a la responsabilité de contribuer à la redécouverte de nos sanctuaires, de nos racines spirituelles et de notre héritage sacré.
Il en fut ainsi jadis pour les ruines de Jérusalem. Le roi de Babylone les avait détruites et réduites en cendres, mais lorsque le temps du châtiment divin fut accompli, Dieu envoya Son serviteur Néhémie pour relever le Temple et restaurer la ville sainte. Tout refleurit alors, tel un lys au cœur du désert. Aujourd’hui, notre monastère d’Udrim renaît à son tour, s’élevant comme un lys au bord du chemin, ravivant la foi et réchauffant les âmes de tous ceux qui chérissent les lieux saints. »
Fondé par le roi Dragutin Nemanjić, le monastère d’Udrim représente un héritage précieux du patrimoine religieux médiéval de Bosnie-Herzégovine.
Si la date exacte de sa destruction demeure incertaine, la tradition locale l’attribue à la guerre austro-turque. À l’issue de ce conflit, le monastère fut abandonné pendant près de 300 ans.
Les archives historiques révèlent qu’avant sa destruction, il était un centre spirituel prospère au XVIIe siècle, possédant de vastes terres, dont dix vignobles, et abritant une importante communauté monastique. Sa ruine a entraîné la perte de précieuses archives, laissant en suspens de nombreuses questions sur son histoire.
Reconnaissant sa valeur culturelle et spirituelle, les autorités l’ont proclamé monument culturel en 1970.
Source : Orthodox Christianity