Un chrétien orthodoxe peut-il se faire tatouer ?

© Society of Saint John of Gothia

L‘homme, selon le dessein du Seigneur, est une créature composée de deux éléments. Il possède une substance spirituelle immatérielle – l’âme, et un corps matériel. Le corps est également cohéritier de l’âme dans le Royaume de Dieu – dans la nouvelle Jérusalem céleste (cf. Apocalypse de saint Jean, chapitre 21).

La mort actuelle, qui sépare l’âme et le corps, n’est pas la fin. Au Jugement Dernier, lorsque notre Seigneur Jésus-Christ jugera chacun de nous, accompagné des anges et des saints, nous nous présenterons devant Dieu dans la plénitude de notre être, c’est-à-dire non seulement spirituellement – avec notre âme, mais aussi corporellement. Les morts ressusciteront, et leurs membres et organes seront réunis, l’âme y pénétrera, et l’homme se tiendra devant le Jugement de Dieu dans sa pleine nature (cf. Livre du prophète Ézéchiel, 37:1–14). Ainsi, après le Jugement Dernier, il sera éternellement accueilli soit en enfer, soit au paradis, corps et âme.

C’est pourquoi l’Église a toujours accordé une grande importance au corps, en tant que cohéritier de l’âme dans la vie éternelle du huitième jour. D’où l’attention particulière portée aux corps des défunts lors du rite de l’enterrement. C’est également pour cette raison que l’Église rejette fermement la crémation.

Les modifications corporelles contre nature sont également indésirables : tatouages, piercings, vernis à ongles, maquillage et teinture des cheveux. L’homme est l’image et la ressemblance de Dieu. Le Seigneur l’a créé dès le commencement comme un microcosme magnifique et autosuffisant – un univers à part entière. Par conséquent, modifier excessivement son corps est une démarche problématique. C’est comme si nous ne faisions pas confiance à Dieu et, par orgeuil, nous cherchions à construire notre propre tour de Babel, tentant de corriger le Créateur. Un tel comportement ne peut mener qu’à des conséquences négatives.

Cela ne signifie pas que l’entretien naturel du corps ou le traitement des maladies, telles que l’invalidité, soient interdits.

De plus, il arrive souvent qu’un jeune homme ou une jeune fille ne comprenne pas la véritable signification des tatouages et leur valeur historique. Dans le monde païen antique, où les technologies d’impression n’existaient pas, les tatouages pouvaient servir de sceau ou de passeport. Ils véhiculaient des informations sur la personne : son appartenance à un groupe, un clan, une famille, ou encore son statut social.

Il y a également un autre aspect. La jeunesse peut parfois percevoir le tatouage comme un symbole de sa liberté personnelle. Cependant, dans le monde païen (d’où il tire ses origines), il représente un symbole totalement opposé. Là, le tatouage est souvent un signe de soumission, un symbole d’appartenance à quelqu’un ou à quelque chose. Cela se retrouve encore aujourd’hui dans des milieux fermés, tels que les unités militaires ou les groupes criminels.

Parfois, une personne, en se tatouant, ne prend même pas le temps de réfléchir à la signification symbolique de l’image qu’elle choisit. En effet, un tatouage n’est pas simplement une décoration ; il peut souvent revêtir une dimension philosophique ou religieuse. Et une personne qui fuit la réalité pour s’évader dans un monde imaginaire (où elle cherche parfois à emmener son corps, y compris par le biais de tatouages) peut, sans en être consciente, raviver le néo-paganisme et, avec lui (pour dire les choses clairement), l’idolâtrie et le culte des démons.

Cela est particulièrement inquiétant pour un chrétien orthodoxe. Comme le dit saint Paul, l’apôtre des premiers temps : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et ce temple, c’est vous » (1 Corinthiens 3:16). Autrement dit, nous sommes l’Église vivante, le temple. Chacun de nous.

Un chrétien orthodoxe n’a qu’une seule appartenance : au Christ. Le symbole de cette appartenance a toujours été la croix portée autour du cou. Une telle personne est bénie par Dieu et protégée par un saint ange. En revanche, celui qui arbore des tatouages manifestement païens doit certainement se confesser pour ce péché, et le Seigneur lui pardonnera, rétablissant ainsi l’harmonie spirituelle et corporelle qu’il a perdue.

Par le prêtre André (Tchijenko)

Source de la traduction : pravlife.org

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