Saint Martin de Tours – Apôtre des Gaules

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Saint Martin naquit en 316 à Sabaria en Hongrie, où son père était en garnison mais il fut élevé dans la patrie de sa famille, à Pavie en Italie. Ses parents étaient païens mais lui, tout jeune déjà, se mit à fréquenter l’église des chrétiens dès l’âge de dix ans. Il reçut sa première éducation très jeune. Dès son enfance, il eut le désir de devenir catéchumène et souhaita se consacrer entièrement à Dieu dans la vie monastique. Malheureusement pour lui, son père ne l’entendait pas de la même oreille. Un fils de militaire, dans la société romaine de cette époque, ne pouvait être à son tour que militaire. A dix ans seulement, selon son biographe Sulpice Sévère, Martin s’enfuit du domicile paternel. Il chercha refuge dans une église et demanda à être reçu comme catéchumène. Ici, le biographe enjolive peut-être un fait historique bien réel : une escapade d’enfance aura amené le petit Martin à assister à une célébration liturgique dans une église de la communauté chrétienne de Pavie, peut-être même lors d’une synaxe liturgique spécialement destinée aux catéchumènes. Quoi qu’il en ait été au juste, cette fugue enfantine préfigure sa fuite du monde à l’âge adulte. Cependant, dénoncé par son père, Martin fut arrêté, enchaîné et dut se soumettre aux exigences du Conseil Suprême en revêtant l’uniforme de la légion.  Selon le désir de ses parents, il devint militaire.

«Martin, encore catéchumène, m’a couvert de ce vêtement»

À l’âge de dix-huit ans, alors qu’il était en garnison à la ville gauloise d’Amiens, il rencontra un jour d’hiver, un pauvre nu et grelotant de froid, bravant de cette triste façon l’indifférence des gens. Il saisit son manteau, le coupa en deux avec son épée et en donna la moitié au malheureux. La nuit suivante, il vit le Christ lui apparaître, vêtu de la partie du manteau dont il avait recouvert le pauvre et l’entendit dire à la multitude des anges qui l’entouraient : « Martin, encore catéchumène, m’a couvert de ce vêtement ». Peu après cet événement, il reçut le baptême. Ses camarades l’aimaient et le respectaient, car sa conduite était à tous égards exemplaire : la gentillesse, l’amour fraternel, la patience, la sobriété et, surtout, l’humilité. Sans avoir reçu le baptême, Martin vivait déjà selon l’Evangile par ses bonnes œuvres, assistant les malades, secourant les malheureux, donnant de la nourriture et des vêtements aux indigents. Sur sa solde, il ne réservait que de quoi manger chaque jour.

© Communauté Saint Martin

Jugeant alors venu le moment de demander son congé, il dit au César :  « Jusqu’ici, j’ai été à ton service : permets-moi maintenant d’être au service de Dieu ; que celui qui a l’intention de combattre accepte ton donativum ; moi, je suis soldat du Christ, je n’ai pas le droit de combattre ». En entendant Martin parler avec une telle audace, Julien se mit en colère, accusant Martin de lâcheté devant la perspective du combat qui devait avoir lieu le lendemain. Mais Martin intrépide et d’autant plus ferme que l’on avait tenté de l’intimider dit alors au César : « si l’on impute mon attitude à la lâcheté et non à la foi, je me tiendrai demain sans armes devant les lignes, et au nom du Seigneur Jésus, sous la protection du signe de la croix, sans bouclier ni casque, je pénétrerai en toute sécurité dans les bataillons ennemis.» Julien le fit emprisonner afin de s’assurer que Martin ne reviendrait pas sur sa décision de s’exposer le lendemain sans armes à l’ennemi. Mais ce dernier envoya le lendemain des messagers pour négocier la paix. Martin n’eut donc pas à courir le risque d’être exposé, les mains nues, aux coups meurtriers de l’ennemi. Le Seigneur supprima la nécessité même de combattre. II n’y eut donc ni effusion de sang, ni mort d’homme. Alors Julien consentit à libérer Martin de ses obligations militaires. Ici s’achève la vie dans le monde de Martin et comme la préhistoire de sa sainteté.

« Il avait toute la dignité d’un évêque, sans abandonner le genre de vie et la vertu d’un moine »

Loin d’avoir été dans la vie de Martin un temps de péché, les années de service militaire sont présentées comme une étape fructueuse, formatrice, dans son itinéraire spirituel vers la sainteté. Libéré enfin de son engagement militaire, en juillet de l’an 356, alors qu’il était officier de la garde impériale, il se précipita à la Ville de Poitiers en France pour s’attacher à la personne du grand saint Hilaire, considéré comme l’homologue de saint Athanase pour l’Occident. Quand Hilaire fut envoyé en exil en Phrygie, Martin partit à Pannonie en Italie pour tenter de convertir ses parents et s’engager dans la lutte contre l’hérésie de l’arianisme. Ayant appris qu’Hilaire revenait de son exil, Martin courut le rejoindre et s’installa à Ligugé, non loin de la ville de Poitiers. Il fut l’initiateur du Monastère qu’il fonda dans cette ville, qui existe encore de nos jours et qui jouit encore d’une réputation prestigieuse. Il fut consacré évêque de Tours en 371. Sulpice Sévère dira de lui : « Il avait toute la dignité d’un évêque, sans abandonner le genre de vie et la vertu d’un moine ». Alors aussi paraît déjà notre lumière et de nouveaux rayons lumineux éclairent la Gaule ; c’est le temps où le très bienheureux Martin commença à prêcher dans les Gaules ; en manifestant aux populations par de nombreux miracles que le Christ, Fils de Dieu , est le vrai Dieu , il fit reculer l’incrédulité des Gentils. Le même également détruisit des temples , étouffa l’hérésie, édifia des églises et en même temps qu’il s’illustrait par de nombreux miracles. Saint Martin accepta la fonction d’exorciste qui était considérée à cette époque comme inférieure et humiliante.

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Martin entreprit ce long voyage vers sa Pannonie natale, en Hongrie-Moravie, ne cachant pas à ses frères moines qu’il y subirait bien des épreuves. Les événements qui se produisirent justifièrent ses paroles. Martin franchit sans doute les Alpes par le Petit Saint-Bernard ou par le Mont-Cenis. C’est alors qu’il tomba aux mains de brigands dont l’un voulut l’abattre à coups de hache, outil de bûcheron en ces régions de forestage. Mais le bras du bandit fut heureusement miraculeusement retenu par un compère qui songeait peut-être à retirer quelque argent de la capture au moyen d’une rançon. Les mains liées derrière le dos, il fut emmené en un lieu retiré par son gardien qui le questionna, lui demandant notamment s’il avait peur. Ayant foi en la miséricorde divine qui viendrait le délivrer, Martin lui répondit par la négative. Et il se mit à prêcher la parole de Dieu au bon brigand chargé de sa surveillance. L’homme finit par se convertir au Christ et décida de suivre Martin. Mais on ne peut que conjecturer la suite de la biographie de ce converti inconnu.

Arrivé dans sa patrie, comme il en avait eu l’intention, il amena sa mère païenne à se convertir au Christ et à recevoir le baptême, mais son ancien légionnaire de père qui, toute sa vie, n’avait connu que la religion des enseignes impériales et du camp, ne voulut rien entendre. Toutefois, par son exemple et sa foi rayonnante, Martin réussit à convertir d’autres personnes durant son séjour à Sabaria. Cependant, en Pannonie comme ailleurs, l’hérésie arienne avait alors le dessus. Les évêques avaient été persécutés et à son tour Martin eut à subir les pires traitements. Il finit par quitter sa ville et regagna l’Italie.
Là, il apprit qu’Hilaire lui-même avait été contraint à l’exil. Martin s’installa dans un ermitage à Milan. Mais y fut persécuté avec acharnement par Auxence, l’évêque arien de Milan auquel succédera Ambroise, lequel Auxence finit par faire expulser Martin de la cité. Martin se retira alors, entre 358 et 360, dans la petite île inhabitée de Gallinara près de la côte ligure face à Albenga, à quelque cinquante milles au sud-ouest de Gênes, avec un prêtre qui, semble-t-il, était un homme de grande vertu. Il se nourrissait uniquement de racines. Un jour, ayant avalé de l’hellébore, une plante vénéneuse, peut-être en voulant imiter l’ascèse alimentaire des anachorètes d’Egypte, il ressentit la violence du poison dans son corps et vit sa mort prochaine. Dès ce moment, il entra en prière et le mal le quitta. C’est le premier exemple de triomphe de Martin sur la mort (cf. Mc. 16, 17-18).

Il ressuscite un mort

Un catéchumène qui s’était joint à lui tomba gravement malade lors même que Martin avait dû s’absenter, très probablement en visite auprès d’Hilaire plutôt qu’en voyage d’évangélisation dans les campagnes. Sans doute s’agissait-il d’une forte crise de paludisme, dans cette vallée encore marécageuse. A son retour, Martin trouva le catéchumène décédé sans baptême et arriva au beau milieu de la veillée funèbre. Il fit sortir tout le monde de la cellule mortuaire dont il ferma la porte, invoqua le saint Esprit, s’allongea sur le défunt et, durant deux heures, se plongea dans la prière. Il ne fait guère de doute qu’en rédigeant ce passage de sa biographie de saint Martin, Sulpice-Sévère avait présent à l’esprit le récit vétéro-testamentaire de la résurrection par Elisée du fils de la Sunamite (cf. II Rois 4,33). Les prophètes thaumaturges Elie et Elisée étaient des modèles vénérés pour les anachorètes qui, à partir des traditions ascétiques de l’Orient chrétien, méditaient et tentaient d’imiter leurs vies. Tout à coup, Martin sentit le mort remuer et observa le visage du défunt : ses yeux se dessillèrent et se mirent à clignoter. Alors, Martin se tourna vers le Seigneur en clamant sa louange, et la cellule s’emplit de ses cris d’action de grâce. Entendant cela, les frères restés dehors firent irruption, stupéfaits, et virent en vie celui qu’ils avaient laissé pour mort. Rendu à la vie, le catéchumène fut aussitôt baptisé et le premier il se mit à faire l’éloge des vertus de Martin. La mort et la résurrection biologiques du catéchumène furent immédiatement suivies de sa mort et de sa résurrection baptismales.

Evêque de Tours

© Saints orthodoxes

L‘évêque de Tours Litorius étant mort, voilà que la ville avait besoin d’un pasteur. Le peuple songea immédiatement à Martin. Aux yeux des chrétiens de Tours, il apparaissait le plus digne pour l’épiscopat. Mais comment réussir à le faire sortir de son monastère ? Un certain Rusticus, un notable, un des membres influents de la députation qui était sur le point d’échouer, y parvint en suppliant Martin de se rendre au chevet de sa femme qui, disait-il, était mourante. Martin accepta sans hésiter. Cependant, au fur et à mesure qu’ils avançaient, la foule groupée sur les bords de la route acclamait Martin et marchait à sa suite. Dès son entrée dans Tours, ce fut une ovation interminable. Le peuple était unanime : tous avaient le même désir, qu’il accepte de monter sur le siège épiscopal de Tours. Mais, parmi les évêques qui s’étaient déplacés pour l’installation du nouvel évêque, certains s’insurgèrent disant que Martin était « un personnage méprisable, à la mine pitoyable, aux vêtements sales, aux cheveux en désordre, et n’était pas digne d’être évêque ». Mais le peuple, d’une seule voix, continua à réclamer Martin et entendit bien imposer aux évêques l’ordination d’un moine qui ne leur agréait pas parce qu’il ne payait pas de mine, était trop peu soigné dans sa mise et sa coiffure. Le peuple finit par réussir à tourner en ridicule les mondains qui, en voulant déconsidérer Martin, ne parvenaient qu’à publier ses mérites.
Parmi eux, le principal adversaire de Martin était un évêque, probablement celui d’Angers, dénommé Defensor. Or, le jour de l’intronisation de Martin, le lecteur chargé de lire les textes de la sainte Ecriture au cours de la liturgie d’ordination épiscopale se trouva coincé par la foule massée dans la cathédrale et ne put accéder à l’ambon.

Mort du saint

© Peinture : Simone Martini

Finalement, saint Martin de Tours meurt en moine et en pasteur, c’est-à-dire en évêque et non pas, comme ce sera trop souvent le cas jusqu’à nos jours, hélas, en administrateur. En pasteur, puisqu’il meurt dans une de ses paroisses, à Candes, au cours d’une visite pastorale ayant eu pour fin éminemment épiscopale de rétablir la concorde à l’intérieur du « presbyterium ». En moine allongé dans la cendre, en ascète étendu sur le cilice, refusant d’adoucir ses souffrances de vieillard agonisant en acceptant que l’on plaçât du moins sous son corps de misérables couverture. Quant aux funérailles, qui eurent peut-être lieu le 11 novembre 397, elles furent triomphales. Tout naturellement, le pasteur menait devant lui ses troupeaux : pâles foules et cohortes en pallium d’une sainte multitude, vieillards aux labeurs émérites ou jeunes recrues qui venaient de prêter leurs serments au Christ. Ensuite venait le chœur des vierges : si, par pudeur, elles s’abstenaient de pleurer, sous quelle sainte joie dissimulaient-elles leur souffrance ! Car la foi eût interdit les pleurs, mais l’affection ne leur en arrachait pas moins des gémissements. Et de fait, il y avait autant de sainteté, dans leur exultation de sa gloire, que de piété dans leur tristesse de sa mort. On pouvait pardonner à leurs larmes, on pouvait se féliciter de leur joie : chacun faisant en sorte de souffrir pour lui-même et de se réjouir pour Martin. La vie de saint Martin nous enseigne qu’à l’encontre de la sagesse purement humaine, l’existence chrétienne bien comprise est une folie de la croix selon laquelle, pour pénétrer dans la sphère d’existence de la plénitude divine, l’homme n’a que l’ouverture de son vide à offrir à Dieu, avec l’aveu défaillant de sa misère et de sa faiblesse. La vie toute entière de saint Martin de Tours vérifie et démontre, d’une manière existentielle, vécue, concrète, et non pas discursive et abstraite, intellectuelle, ce fait que, dans ses Béatitudes, Jésus se plait à renverser les normes terrestres de bonheur et à briser l’orgueilleuse fermeture de la perfection humaine enfermée dans son immanence close. La grande leçon de la vie de saint Martin, évêque de Tours, c’est l’affirmation que l’homme n’a pas été créé par Dieu pour être rempli de soi-même, mais afin de n’être qu’un pur réceptacle de Dieu, c’est la proclamation de l’éminente dignité de l’humilité, de la mort vivifiante au vieil homme et de sa résurrection en Christ ressuscité à la vie de l’homme nouveau, de la pauvreté spirituelle chantée par la première Béatitude :  « Bienheureux les pauvres en esprit », bienheureux les pauvres dans le Saint Esprit !

Commémoration

Il est commémoré le 12 novembre dans les synaxaires grecs et le 12 octobre dans les documents slaves, mais sa fête est traditionnellement fixée au 11 novembre en Occident, jour de ses funérailles. Saint Martin fut le premier confesseur ( non martyr ) objet d’un culte public en Occident. Ses reliques attirèrent pendant de nombreux siècles et jusqu’à nos jours des foules de pèlerins. Il est considéré comme le saint protecteur de la France.

Reliques

Basilique Saint Martin de Tours

Le corps de Martin fut inhumé dans un sarcophage derrière le maître-autel de la nouvelle basilique. Un grand bloc de marbre surplombant le tombeau, don de l’évêque Euphronius d’Autun (472-475), en marquait l’emplacement aux fidèles assemblés derrière cet autel.

Un très grand merci à Valentin, chantre du choeur psaltique saint Nicolas de la Métropole Roumaine qui a chanté ce tropaire.

Tropaire, ton 3
Apôtre des Gaules et Père des Moines, Saint Martin bienheureux, pontife, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’Il affermisse Son Eglise dans la foi, et qu’Il accorde à nos âmes le pardon des péchés.

Kondakion, ton 2
Humble et simple de cœur, évêque Martin;
Tu as fait paître ton troupeau, Tu as guéri les malades et chassé les démons
Tu as dompté le feu et tu as ressuscité les morts.
Par ta vie angélique et ta prière incessante
Tu as rendu fertiles les cœurs assoiffés
Et offert au Seigneur de la vigne une vendange surabondante.
Ô pontife vraiment saint qui ne juges personne
Assiste-nous à l’heure redoutable du jugement.

Kondakion 1
Evêque du Seigneur venu de Panonie* Comme le soleil pérégrinant d’Est en Ouest* Qui fis resplendir sur notre terre sauvage* L’insigne vertu des soldats du Très-Haut*

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Ikos 1
Dès l’enfance tu aspiras à la Lumière* Tu choisis à dix ans le catéchuménat* Fuyant le milieu païen de tes géniteurs* Pour cheminer vers la Jérusalem Céleste* Où dans la gloire nous te chantons maintenant:

Réjouis-toi, Bouture tendre de Lys pur,

Réjouis-toi, Bourgeon précoce de l’Eden,

Réjouis-toi, Fleur délicate de la foi,

Réjouis-toi, Prélude saint de notre sang,

Réjouis-toi, Echo subtil de l’Enfant-Roi,

Réjouis-toi, Elan frêle vers le Royaume,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 2
Ton père te voulut faire soldat du monde* Mais tu refusas cette vocation guerrière* Aspirant en ton âme à de plus hauts desseins* Désirant te joindre à la milice divine* Qui sans cesse loue Dieu disant: Alléluia!

Ikos 2
Tu fus incorporé de force dans l’armée* Et tu acceptas l’épreuve venant de Dieu* T’exerçant à la piété dans tes instants libres* Purifiant ton âme ton corps et ton esprit* Pour t’approcher de ce Ciel où nous te clamons:

Réjouis-toi, Archet des traits du Saint Esprit,

Réjouis-toi, Recrue hardie de l’Eternel,

Réjouis-toi, Garde fidèle de la foi,

Réjouis-toi, Héraut de la Bonne Nouvelle,

Réjouis-toi, Combattant vierge de l’ascèse,

Réjouis-toi, Soldat superbe de l’Eglise,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 3
Dans la place forte d’Amiens tu vis un jour* Un malheureux en haillons grelottant de froid* Or donc d’un coup d’épée tu tranchas ton manteau* Et le donnas au pauvre sous la bise dure* Louant Dieu et clamant vers Lui: Alléluia!

Ikos 3
Escorté de Ses anges le Christ vint à toi* Couvert du manteau que tu lui avais donné* Cet habit c’est Martin qui m’en a revêtu* Dit le Seigneur dans cette édifiante vision* Avec Lui émerveillés nous nous écrions:

Réjouis-toi, qui fus digne de notre Maître,

Réjouis-toi, qui distribuas tout aux pauvres,

Réjouis-toi, qui incarnas la charité,

Réjouis-toi, qui ne voulus rien posséder,

Réjouis-toi, qui méprisas le monde vil,

Réjouis-toi, qui ne possédas que la Vie,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 4
Lorsque te préparas à l’Illumination* Des disciples du Christ dans la triple immersion* Par les offrandes les prières et le jeûne* Et la Pâques suivante t’agrégea au troupeau* Des fidèles qui chantent vers Dieu: Alléluia!

Ikos 4
L’empereur voulant récompenser ses soldats* Tu ne demandas que ta chère liberté* Et ne désirant pas que l’on te croit couard* Tu acceptas d’aller au combat sans tes armes* Dieu t’épargna cette épreuve et nous te disons:

Réjouis-toi, qui repoussas les tentations,

Réjouis-toi, qui voulus être sans attaches,

Réjouis-toi, qui abandonnas les honneurs,

Réjouis-toi, qui ne regardas pas en arrière,

Réjouis-toi, qui acceptas de n’être rien,

Réjouis-toi, qui rejoignis l’armée céleste,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 5
Tu fus accueilli par l’évêque de Trêves* Puis après son natalice tu demeuras* Auprès du saint hiérarque Hilaire de Poitiers* Qui toujours s’émerveillant de ton âme pure* Rendait grâces à Dieu disant: Alléluia!

Ikos 5
Sous la houlette de ce Pasteur impeccable* Tu fus instruit des plus profonds mystères saints* La graine de l’Evangile trouva en toi* Un sol fertile où elle prit racines fortes* Pour croître jusques aux cieux où nous te disons:

Réjouis-toi, tu fus éduqué par un saint,

Réjouis-toi, tu connus la foi d’un Apôtre,

Réjouis-toi, tu vis le Ciel dès cette terre,

Réjouis-toi, tu reçus la part des élus,

Réjouis-toi, tu sus écouter la Parole,

Réjouis-toi, tu fis fructifier tes talents,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 6
En songe mandé par le Seigneur en Pannonie* Tu quittas saint Hilaire en lui promettant* De revenir auprès de lui ta mission terminée* Tu partis donc apporter aux tiens l’Evangile* Pour qu’avec toi ils crient vers Dieu: Alléluia!

Ikos 6
Traversant les divers lieux de l’Europe* Tu convertis par ton courage les païens* Et parvenu chez toi menas ta mère au Christ* Confiant ton père à la merci du Dieu Bon* Admirant ta foi tranquille nous te disons:

Réjouis-toi, tu sus proclamer le Royaume,

Réjouis-toi, tu donnas la vie à ta mère,

Réjouis-toi, tu rendis proche le salut,

Réjouis-toi, tu montras le chemin des Cieux,

Réjouis-toi, tu éclairas les égarés,

Réjouis-toi, tu anéantis les ténèbres,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 7
Reprenant le chemin de Gaule tu appris* Que pour le Christ saint Hilaire était exilé* Tu décidas de séjourner en Lombardie* Et tu créas près de Milan un ermitage* Où vers Dieu s’éleva un pur Alléluia!

Ikos 7
L’évêque de Milan était zélote arien* Qui te fit reprendre le chemin de l’errance* Tu partis donc avec un prêtre sur une île* Où vous servîtes le Maître par votre ascèse* Emus par ta persévérance nous te clamons:

Réjouis-toi, Emule de Saint Athanase,

Réjouis-toi, Imitateur des solitaires,

Réjouis-toi, Laudateur des saints égyptiens,

Réjouis-toi, Admirateur des cénobites,

Réjouis-toi, Voix infaillible des ascètes,

Réjouis-toi, Aube des saints moines gaulois,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 8
Ayant appris le retour d’exil du hiérarque* Tu rejoignis l’entourage de saint Hilaire* Qui fis grande violence à ta modestie* En t’enrôlant dans la troupe de ses saints prêtres* Qui d’une voix vers Dieu chantaient: Alléluia!

Ikos 8
Dans la nouvelle Thébaide du Poitou* A Ligugé tu établis une retraite* Où lors de saint Athanase imitant l’exemple* Tu cultivas la vertu au jardin de l’âme* Eblouis par ta sainte vie nous te répétons:

Réjouis-toi, Oraison nette devant Dieu,

Réjouis-toi, Prière chaste à l’Eternel,

Réjouis-toi, Holocauste agréable au Fils,

Réjouis-toi, Ferveur ardente dans l’Esprit,

Réjouis-toi, Piété candide des enfants,

Réjouis-toi, Oratoire vif du Père Saint,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 9
Priant ton chemin dans la grâce du Seigneur* Tu te fis apôtre des routes des Gaules* Dans toutes les contrées ton exemple sacré* Resplendit comme un soleil au cœur de l’hiver* Tandis que résonnait au ciel l’Alléluia !

Ikos 9
Par les prières saintes que tu fis monter* Auprès du Maître de nos âmes et nos corps* Tu sus guérir toutes sortes de maladies* Et le Malin fut maintes fois mis en déroute* C’est pourquoi avec les anges nous te louons:

Réjouis-toi, qui sus étancher toute soif

Réjouis-toi, qui rassasias les affamés,

Réjouis-toi, qui délivras les possédés,

Réjouis-toi, qui ouvris les yeux des aveugles,

Réjouis-toi, qui portas le fardeau du monde,

Réjouis-toi, qui fus absolution vivante,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 10
Le siège de Saint Hilaire te fut offert* Tu le refusas pour rester en solitude* Dans l’amitié des saints des anges et du Christ* T’enracinant dans la prière comme en terre* Chantant sans discontinuer: Alléluia!

Ikos 10
Trois ans durant tu refusas l’épiscopat* Mais à Ligugé tu fus par ruse enlevé* Mené àTours et acclamé par tout le peuple* Tu ne pus donc te dérober à ta mission* Pour cela Pasteur admirable nous te chantons:

Réjouis-toi, qui voulus fuir tous les honneurs,

Réjouis-toi, qui eus la confiance du peuple,

Réjouis-toi, qui abdiquas ta volonté,

Réjouis-toi, qui fus apôtre du Seigneur,

Réjouis-toi, qui marchas sur les pas des Douze,

Réjouis-toi, qui conduisis la nef de l’Eglise,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 11
Ne voulant point de ta demeure épiscopale* Tu choisis de fonder un nouveau monastère* Et par tes prières tu créas Marmoutier* Qui devint refuge des miséreux du Christ* Vivant de Sa grâce et clamant: Alléluia!

Ikos 11
Tu glorifias les saints serviteurs de Dieu* Ton saint prédécesseur et apôtre Gatien* Le Saint Martyr Maurice et la Légion Thébaine* Dont tu fis vénérer les reliques sacrées* C’est pourquoi dans les Cieux avec nous ils te crient:

Réjouis-toi, tu cheminas sur la Voie Droite,

Réjouis-toi, tu vêcus ici-bas au Ciel,

Réjouis-toi, tu restas l’Ami de l’Epoux,

Réjouis-toi, tu es à la dextre du Fils,

Réjouis-toi, tu pries maintenant dans l’Esprit,

Réjouis-toi, tu as rejoint les saints des Gaules,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 12
Chevauchant sur un âne à l’instar du Seigneur* Tu parcourus inlassablement les chemins* Toujours à la recherche des brebis perdues* Priant prêchant admonestant et guérissant* Disciple parfait du Maître de toutes choses* Vers Lequel nos voix entonnent l’Alléluia!

Ikos 12
Intercesseur fervent pour la gloire de Dieu* Tu ramenas la paix dans l’empire du monde* Puis ayant combattu le bon combat du Christ* Tu rendis à ton créateur ton âme pure* Ayant créé partout des temples où l’on chante:

Réjouis-toi, tu restes vivant sur la terre,

Réjouis-toi, tu es puissant dans l’Autre Monde

Réjouis-toi, tu nous combles de tes miracles,

Réjouis-toi, tu nous protèges du Malin,

Réjouis-toi, tu chemines dans nos prières

Réjouis-toi, tu veilles sur l’Orthodoxie,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 13
Apôtre des Gaules tu déposas ton corps* Et tu pris ton essor vers l’assemblée des justes* Mais comme le Maître tu n’abandonnas point* Par tes miracles ceux qui disent avec ferveur au Dieu Un dans la Trinité: Alléluia! (3 fois)

Ikos 1
Dès l’enfance tu aspiras à la Lumière* Tu choisis à dix ans le catéchuménat* Fuyant le milieu païen de tes géniteurs* Pour cheminer vers la Jérusalem Céleste* Où dans la gloire nous te chantons maintenant:

Réjouis-toi, Bouture tendre de Lys pur,

Réjouis-toi, Bourgeon précoce de l’Eden,

Réjouis-toi, Fleur délicate de la foi,

Réjouis-toi, Prélude saint de notre sang,

Réjouis-toi, Echo subtil de l’Enfant-Roi,

Réjouis-toi, Elan frêle vers le Royaume,

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Kondakion 1
Evêque du Seigneur venu de Panonie* Comme le soleil pérégrinant d’Est en Ouest* Qui fis resplendir sur notre terre sauvage* L’insigne vertu des soldats du Très-Haut*

Réjouis-toi, Saint Martin Hiérarque de Tours !

Prière à Martin, saint hiérarque du Christ

Ô très saint père Martin évêque de Tours* Toi qui fus dans ce monde pèlerin du Ciel* Marchant sans cesse vers le Royaume des Cieux* Prie le Christ très doux notre Maître et notre Dieu* De nous accorder de pérégriner aussi* Parmi les embûches et les tourments du siècle* Les yeux sans cesse fixés sur l’Autre Soleil* Imitant ton zèle ardent et ta compassion* Afin que nous soyons dignes d’être reçus* Au havre de paix au terme de notre exil* Sur cette terre où tu nous montras la Voie* Amen !

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