Saint Porphyre de Kavsokalyvia – Le Christ est notre ami

© Citations orthodoxes


Nous devons ressentir le Christ comme notre ami. Il nous en donne Lui-même I’assurance, quand Il nous dit : « Vous, vous êtes mes amis. ( Jn 15:14 ) » Nous devons Le regarder comme notre ami et nous rapprocher de Lui comme tel. Connaissons-nous des chutes ? Commettons-nous des péchés ? Nous devons courir nous réfugier auprès de Lui, dans la familiarité de Son amour et de la confiance en Lui. Ce que nous devons éprouver, ce n’est pas la crainte de quelqu’un qui va nous punir, mais l’audace que procure le sentiment d’aborder un ami. Nous devons Lui dire: « Seigneur, j’ai fait cela : je suis tombé ; pardonne-moi. » Mais, en même temps, nous devons ressentir qu’ll nous aime, qu’il nous reçoit avec tendresse, amour, et qu’ll nous pardonne. Le péché ne doit pas nous séparer du Christ. Quand nous croyons qu’ll nous aime et que nous L’aimons, nous n’avons pas le sentiment de Lui être étrangers, ni d’être séparés de Lui, même quand nous sommes en état de péché. Nous avons acquis Son amour et, quelle que soit notre conduite, nous savons qu’ll nous aime.

Si nous aimons réellement le Christ, il n’y a pas de crainte que nous perdions le respect que nous Lui devons. Ici s’impose ce passage de l’apôtre Paul où il dit: « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Le chagrin ou la contrariété… ? Je suis, en effet, persuadé que ni la mort, ni la vie.. ni la hauteur, ni la profondeur ne pourront nous séparer de l’amour du Christ, de I’amour dans le Christ Jésus notre Seigneur. Rm 8:35/ 38-39 ) » ll s’agit d’une relation d’ordre supérieur, unique ; c’est la relation de l’âme avec Dieu; rien ne peut rompre ni ébranler une telle relation.

L‘Evangile dit, bien entendu, avec des paroles qui sont en partie symbolique, au sujet de l’homme injuste, qu’il se retrouvera là où sont « les pleurs et les grincements de dents », car telle est la situation quand on est loin de Dieu. Parmi les Pères neptiques de l’Église, beaucoup parlent de la crainte. Ils disent « Aie dune manière continuelle le souvenir de la mort. » Ces paroles, si nous les examinons dans leur sens le plus profond, créent la crainte de l’enfer. L’homme, dans son effort pour éviter le péché, se livre à ce genre de pensées, afin que son âme soit dominée par la crainte de la mort, de l’enfer et du diable.

Toutes choses ont leur signification, le temps et la circonstance qui leur sont propres. La signification de la crainte est bonne dans les premiers stades. Elle s’adresse à ceux qui font les premiers pas ; à ceux à I’intérieur de qui vit le vieil homme. L’homme primitif, qui n’a pas encore acquis une certaine finesse, est contenu, contre le mal, par la crainte. Et la crainte est indispensable, dans la mesure où nous sommes des êtres humains matériels et attachés à la terre. Mais il ne s’agit là que d’un stade, d’un degré bas dans la relation au divin. Nous cherchons une conciliation, afin de gagner ainsi le Paradis ou d’échapper à l’enfer. Une telle attitude, si nous I’examinons attentivement, manifeste quelque souci de notre utilité propre, quelque intérêt. Moi, cette manière d’agir ne me plaît guère. Quand I’homme avance et qu’il est entré dans l’amour de Dieu, de quelle utilité la crainte est-elle pour lui ? Ce qu’il fait, il le fait par amour, et cela vaut mieux. Que l’on devienne bon par la crainte de Dieu, et non par amour, ne vaut pas grand chose.

Dans notre marche en avant, l’Evangile nous permet aussi de comprendre que le Christ est la joie, la vérité, que le Christ est le Paradis. Comment donc l’évangéliste Jean dit-il cela ? « Il n’y a pas de crainte dans I’amour ; I’amour parfait expulse, au contraire, la crainte au-dehors car la crainte suppose un châtiment ; or, celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour ( I Jean 4:18 ).» En accomplissant, par crainte, des efforts, peu à peu, nous entrons en l’amour de Dieu. Alors, plus d’enfer, plus de crainte, plus de mort. Nous ne sommes plus intéressés que par l’amour de Dieu Nous faisons tout en vue de cet amour. Tout ce que le marié fait pour la mariée.

Si nous voulons marcher à sa suite, cette vie présente est joie, elle aussi avec le Christ, y compris parmi les difficultés. Ainsi que l’apôtre Paul le dit : « Je me réjouis des maux dont je souffre. » Telle est notre religion, tel est le but vers lequel nous devons nous diriger. Ce qui est formel n’a pas la même valeur que le fait de vivre avec le Christ. Quand tu as réussi cela que veux-tu d’autre ? Tu as tout gagné : tu vis le Christ et le Christ vit en toi. Après cela, tout est très facile: l’obéissance, l’humilité, la paix.

Source : Saint Porphyre, vie et paroles

Laisser un commentaire