
Jamais homme n’a parlé comme cela ( cf Jn 7,46 ). C’est le témoignage de ceux qui ont entendu et ressenti personnellement les paroles du Christ. Car Il parlait avec autorité et à travers Ses paroles la puissance passait et se transmettait aux hommes. Les critiques hérétiques de l’Évangile s’occupent beaucoup de théologie dite « comparée » et de l’histoire des autres religions et philosophie. Ainsi, critiquant la science du Christ, ils affirment avoir trouvé chez des philosophes et des maîtres religieux ces mêmes paroles qu’utilise le Christ. Sur cette base, ils souhaitent faire descendre le Christ de Ses hauteurs dans la vallée des larmes et des prédictions, afin d’accomplir « l’adaptation et l’uniformisation ».
Vraiment, ils n’ont pas tort quand ils disent avoir entendu des paroles semblables aux paroles du Sauveur prononcées par d’autres bouches. Seulement il ne décèlent pas l’immense différence qu’il y a dans l’action de ses paroles. Certes, beaucoup d’autres auraient pu dire à la jeune fille morte : Jeune fille, lève-toi ( cf Lc 8,54 ), mais la jeune fille ne se serait pas levée pour autant. Mais quand Jésus eut prononcé ces paroles, la jeune fille revint à la vie et se leva. Des milliers de pharisiens auraient pu dire également au centurion de Capharnaüm : Qu’il en soit selon ta foi( cf Mt 8,13 ), mais le serviteur du centurion n’aurait pas été guéri pour autant. Mais quand le Fils de Dieu eut prononcé ces paroles, aussitôt le serviteur fut guéri. Et beaucoup de navigateurs auraient pu crier à la tempête en mer : Arrête-toi, mais la tempête ne se serait pas arrêtée pour autant. Mais quand cette même parole fut sortie de Sa bouche, un grand calme se fit ( cf Lc 8,24 ). Des myriades de bouches auraient pu dire à l’aveugle : Lève-toi et marche, et crier aux démons : Sortez, et ordonner à l’impur : Purifie-toi, et à l’arbre stérile : Dessèche-toi.
Vois, toutes ces paroles ne sont que de simples paroles qu’une multitude prononce en pareil cas. Ces mêmes paroles auraient pu être prononcées par Platon et par Aristote, par Bouddha et par Confucius, et par tous les philosophes païens, mais sans effets et sans conséquences. Quand cependant ces mêmes paroles sortirent de la bouche du Christ, elles ne furent ni sans effets ni sans conséquences, car avec ces paroles la puissance sortait de Lui. Et la tempête s’arrêtait, et les aveugles recouvraient la vue, et les paralytiques se levaient, et les boiteux gambadaient, et les démons fuyaient hors des hommes, et les impurs devenaient purs, et le figuier stérile se desséchait aussitôt ( cf Mt 22,19 ). Voilà la différence que ne peuvent voir les nombreux comparateurs, adaptateurs et uniformisateurs hérétiques. Mais si vous croyez en Dieu, cette différence est comme la différence entre la vie et la mort.
Source : Saint Nicolas Vélimirovitch, la foi et la vie selon l’Evangile