Bienheureux Aimilianos de Simonopetra – La joie dans le monde contemporain

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Lorsque le Christ rencontra les Myrrophores; il s’écria : « Réjouissez-vous ! » Pendant le temps pascal – période de l’année la plus joyeuse – , tous les chrétiens proclament : « Le Christ est ressuscité ! » et chantent : « Peuples, réjouissez vous et soyez dans l’allégresse », car « le Christ est ressuscité, notre allégresse sans fin ».

Cette salutation « Réjouissez-vous » contient l’heureux message de l’Evangile : le Christ est vraiment ressuscité afin de ressusciter tout le genre humain. La mort a été terrassée, la douleur et la corruption sont abolies pour être remplacée par la joie et la vie éternelle. Il n’y a pas d’espérance et d’allégresses plus grandes. Et grâce à elles, nous pouvons, nous aussi, reprendre à notre compte la salutation que saint Séraphim de Sarov adressait en tout temps à ses visiteurs : « Ma joie ! »

« Les disciples furent tout rempli de joie à la vue du Seigneur ». Quand à nous, réjouissons-nous, car « Voici que par la croix la joie est venue dans le monde ». Elle jaillit de la Résurrection et la Résurrection sort du tombeau, lequel est la conséquence du péché, autrement dit : de la corruption de l’homme.

Dieu n’a pas seulement créé le Paradis pour y placer l’homme comme roi de la création, il a fait l’homme immortel. La mort n’était donc pas nécessaire et elle n’aurait pas dû entrer dans la vie de l’homme. Il a également fait l’homme, nous tous, « à son image et à sa ressemblance » ; l’homme était – disons-le simplement et humblement – un petit Dieu, un fils et un ami de Dieu, béni et plein de grâce, avec lequel notre Père céleste marchait et conversait tous les jours. Néanmoins l’homme a péché. Il a perdu sa joie, le Paradis. Alors les pleurs devinrent son lot quotidien. Depuis lors, l’immortel – et avec lui l’humanité entière – est devenue mortel, et il est mort.

Les hommes de l’Ancien Testament ne pouvaient comprendre le mystère de la mort et, jusqu’à la venue du Christ, nul ne connaissait l’endroit où les gens allaient quand ils mourraient. Le Christ est venu, il a été crucifié, a été enseveli, il est descendu aux Enfers où il a dépouillé la mort en entrant dans le mystère des ténèbres. Il a attrapé l’homme par la main pour le faire sortir du tombeau. Il s’est ensuite élevé dans la gloire lors de son Ascension et, depuis, nous savons tous que le Christ ressuscité nous a préparé un lieu merveilleux, resplendissant : il nous fait asseoir à ses côtés, à sa droite ! Quelle tendresse ! Quel amour pour les hommes ! Le Christ veut tous nous avoir près de lui, pour que nous participions à sa vie divine, à sa résurrection, à sa gloire et à sa joie éternelle. Il nous a amenés dans le monde, pour que nous célébrions une fête perpétuelle. Gardons la joie dans notre cœur, comme Dieu garde pour chacun de nous le lieu qu’il nous a préparé.

Vous allez objecter à mes paroles : « Ne voyez-vous pas que le monde entier gît dans les larmes, vit dans les souffrances, les maladies, subit la mort ? » Oui, je le vois… La mort déferle, en tout lieu, chaque jour… Vous souvenez-vous de l’âtre devant lequel nous nous asseyions ? Lorsque nous allumions du feu dans la cheminée, le bois commençait à fumer et nos yeux pleuraient. Dès que le feu devenait doux et chaud, nous nous réjouissions, chacun discutait gaiement, paisiblement. Il en est ainsi dans la vie. D’abord vient la fumée – la souffrance -, ensuite la douceur, la santé, la joie. Nous devons savoir que tout le monde peine. Les afflictions, les difficultés, les luttes, les maladies, les épidémies, les catastrophes, les tremblements de terre sont le propre de l’homme et de la création tout entière. On ne peut les éloigner de notre vie. Ils ne partiront pas, et malheur à nous s’ils disparaissaient !

Extrait d’une homélie prononcée à Eucade (Chypre), le 28 avril 1991

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