« Nous avons fait la queue ensemble pour un avortement »

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J‘ai rencontré l’héroïne de cette histoire sur internet. Sur les réseaux sociaux, de nombreux groupes pro-avortement permettent aux jeunes filles d’échanger des conseils sur l’endroit et le médecin à consulter pour subir cette « procédure ». J’intègre ces groupes, je lis les commentaires et j’interviens en les invitant à me contacter. Si un commentaire n’est pas anonyme, je prends moi-même l’initiative d’écrire à la personne et nous engageons un dialogue. Je ne les condamne jamais, même lorsque je ne parviens pas à les dissuader. Quoi qu’il en soit, je reste en contact avec elles, car derrière chaque décision se cache souvent une détresse qui mérite d’être écoutée.

Je leur demande ce qui les a poussées à prendre cette décision. Parfois, c’est précisément à ce moment-là qu’elles ont besoin de se confier. Après tout, ces décisions sont souvent prises sur un coup de tête, dans un moment de détresse et sans aucun soutien — surtout pas celui d’un homme. Je leur explique qu’on ne peut pas bâtir le bonheur sur le sang d’enfants innocents, et je leur propose toute l’aide possible, y compris la prise en charge de l’enfant.

Un jour, j’ai échangé avec une autre jeune fille de ces groupes — sans mari, enceinte suite à une grossesse « accidentelle ». Ses parents soutenaient sa décision d’avorter, estimant qu’à seulement vingt et un ans, elle avait toute sa vie et sa carrière devant elle…

Puis un jour, j’ai appris qu’elle se rendait à l’hôpital pour avorter. Sans hésiter, je me suis précipité sur place.

Le bâtiment chirurgical se trouvant juste en face de l’église où je sers, j’y suis arrivé en quelques instants. En montant à l’étage, je l’ai aperçue, assise dans la salle d’attente, prête à recevoir son document de prise en charge pour la « procédure ». Je me suis approché d’elle et j’ai entamé la conversation. Comme à chaque fois dans de telles situations, je lui ai dit ces paroles essentielles :

«Je place aujourd’hui devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; choisis donc la vie, afin que toi et ta postérité vous viviez.» Deutéronome 30:19

Lorsque le médecin est sorti de son bureau pour l’appeler, il m’a aperçu et a immédiatement compris la situation. Il n’a pas tenté de me faire partir, bien que je n’aie pas vraiment le droit d’être là. La jeune fille s’est retrouvée face à un dilemme : partir avec le médecin ou me suivre.

« Où vas-tu ? Garde ton bébé ! » lui ai-je dit, et je l’ai conduite hors de là, en larmes. Ce jour-là, elle n’a pas subi d’avortement.

Il n’y a pas longtemps, cette fille m’a appelé pour m’informer qu’elle était inscrite à l’hôpital pour accoucher. Elle m’a également annoncé que je serais le parrain de son enfant.

C’est l’une de mes victoires récentes. Je m’engage dans la lutte contre l’avortement depuis 2008. Au fil des années, 396 bébés ont vu le jours malgré les risques qui pesaient sur leur vie, et j’ai eu l’honneur de devenir le parrain de 97 d’entre eux.

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L’archiprêtre Pierre Guryanov est le recteur de l’Église de la Reine de Toutes les Icônes de la Mère de Dieu à Dimitrovgrad, dans la province d’Ulyanovsk, en Russie. Il est également à la tête du Département de l’Information et de l’édition du diocèse de Melekess, président de la Commission diocésaine sur la famille, la protection de la maternité et de l’enfance, et membre du Conseil culturel de la ville de Dimitrovgrad.


Source : foma.ru

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