Quand le saint métropolite Philippe de Moscou refusa de bénir le tsar

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Les grands hiérarques, colonnes de l’Eglise orthodoxe, savaient unir dans leur caractère la douceur et la fermeté – la douceur envers les justes et les repentants et la fermeté envers les meurtriers non repentis. Un dimanche, après l’office divin, le tsar Ivan le Terrible s’approcha du métropolite Philippe pour recevoir la bénédiction. Le métropolite faisait comme s’il ne le voyait pas et regardait l’icône du Sauveur. Alors l’adjudant du tsar vint au-près du métropolite et lui dit: « Monseigneur, le Maître est devant toi, bénis-le! » Le métropolite regarda le tsar et lui adressa ces paroles : «Sire, il faut craindre le jugement de Dieu : c’est un sacrifice pur que nous offrons ici à Dieu, tandis que derrière l’autel coule le sang chrétien. Que de victimes innocentes ! Tu es élevé sur un trône, mais tu restes un homme.» Furieux, le tsar le somma de se taire, mais le métropolite poursuivit : « Qu’en sera-t-il de ma foi si je garde le silence ? » Quand le tsar eut commencé à le menacer, le métropolite rétorqua calmement : « Je suis un hôte et un étranger sur la terre et je suis prêt à périr pour la vérité ! » Peu de temps après, le cruel empereur fit étrangler le métropolite, mais pas le saint.

Source : Prologue d’Ohrid

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