
Le sage Salomon dit que le Christ « est trouvé par ceux qui ne le tentent pas ». Ceux qui « tentent » Dieu sont ceux qui doutent. Ils sont hésitants, voire, ce qui est bien pire, ils opposent une résistance à la toute-puissance de Dieu et à Sa toute-sagesse. Notre âme ne doit pas opposer de résistance en disant : « Pourquoi Dieu a-t-il fait cela ainsi, cette autre chose autrement, ne pouvait-il pas faire d’une autre manière encore ? » Tout cela manifeste l’étroitesse de vue inhérente à notre âme et notre réaction négative. Cela manifeste la haute idée que nous nous faisons de nous-même, notre orgueil et notre égoïsme démesuré. Ces « pourquoi » mettent vraiment l’homme à la torture. Ce sont ces questions qui produisent ce que l’on appelle des « complexes ».
Par exemple : « pourquoi suis-je trop grand ? », ou le contraire : « trop petit ? ». Cette question ne quitte plus le for intérieur de l’individu. Et voilà que l’on prie, que l’on fait des veilles, mais c’est le contraire de ce que l’on demande qui arrive. Et l’individu souffre, il est à bout de nerfs : sans résultat. Or, en Christ, tout part avec la grâce. Ce « quelque chose », c’est-à-dire ce « pourquoi ? » reste enfoui en notre être intérieur, mais la grâce de Dieu comble l’homme de son ombre : alors que le complexe en est la racine, sur lui pousse un rosier.
Il donne des roses de toute beauté. Autant le rosier est arrosé de la foi, de l’amour, de la patience, de l’humilité, autant la puissance du mal s’en trouve amoindrie : le mal cesse d’exister. Disons : il ne disparaît pas, mais il se trouve fané. Autant le rosier n’est pas arrosé, autant il se fane, il devient sec, il disparaît. L’épine surgit aussitôt. La réaction négative et les « pourquoi » ne sont toutefois pas les seuls indices montrant que nous tentons Dieu. Nous tentons Dieu quand nous Lui demandons quelque chose alors que notre vie est loin de Dieu. Nous Le tentons quand nous demandons quelque chose alors que notre vie n’est pas en accord avec Sa volonté. C’est là, en d’autres termes, un état de choses désagréable à Dieu : anxiété, angoisse d’un côté, demandes insistantes de l’autre.
Saint Porphyre, vie et paroles